mercredi 26 novembre 2008

Uchronies

C’est un des styles de littérature de fantasy et de science fiction que j’aime le plus. Je crois ne jamais avoir été déçue par une uchronie.

Qu’est ce qu’une uchronie ?
Une uchronie ou histoire alternative, prend comme point de départ une situation historique existante et la modifie en imaginant différentes règles et conséquences possibles

L’œuvre qui colle le plus à cette définition doit être le maître du haut château de Philip K. Dick.
« En 1947 a eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Alors qu’Hitler a imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest a été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie a repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils ont apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations, dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945 »

Mais le style est souvent beaucoup plus large que la définition officielle.

Par exemple l’Histoire peut être inchangée, les événements ont bien eu lieu, mais la différence tient à la manière dont ils se sont passés et aux règles de ce monde uchronique.

Ainsi, le Roi d’août de Michel Pagel se passe au XIIème siècle. L’auteur donne une explication fantastique des supposés pouvoirs que l’on prête à la descendance d’Hugues Capet
« Philippe, 14 ans, fils de Louis VII et héritier de la couronne, s'égare en forêt de Compiègne au cours d'une chasse. Après plusieurs heures à tourner, il fait la rencontre d'une jeune femme au bord de la rivière. Elle le séduit et elle l'entraîne chez lui ; mais au moment de la jouissance, ses yeux deviennent uniformément bleus et des ouïes s'ouvrent sur sa gorge. Il apprend alors qu'elle est une nymphe, et qu'elle a été aimée de Hugues Capet dont elle a eu un fils que le roi lui a enlevé au berceau. Ainsi débute ce roman qui raconte aussi bien l'histoire de France et l'histoire des peuples cachés, fées, nymphes, êtres plus ou moins maléfiques qui peuplent les éléments. »


Le livre de Cendres de Mary Gentle met le doute sur l’Histoire que nous connaissons en la réécrivant sans changer notre présent.
La trame se passe de nos jours sous la forme d’une correspondance entre une éditrice et un historien. Ce dernier est en train de traduire des écrits, relatifs à la vie de Cendres, une commandant mercenaire au XVème siècle. Mais les événements historiques qu’elle décrit ne correspondent pas au passé que nous connaissons tandis que notre histoire n’a gardé aucune trace de cette femme. Et pourtant le manuscrit est indéniablement un original. Parallèlement une amie chercheuse fait des découvertes archéologiques qui tendraient à corroborer les écrits.

David Gemmell est un aussi un adepte de l’uchronie. Chez lui elle prend encore une forme différente. Il s’inspire des événements et des personnages du passé mais il réécrit l’Histoire. La trilogie du Lion de macédoine se passe dans la Grèce antique à l’époque du père d’Alexandre le Grand puis d’Alexandre. J’ai découvert Gemmell avec cette œuvre et même si j’adore Légende et les livres qui s’y apparentent je trouve que c’est dans l’uchronie que tout son talent se révèle. Sa deuxième du genre est Rigante (4 tomes). Histoire d’highlanders qui représenteraient en gros la culture celte dans notre histoire à nous. Sa dernière, Troie revisite la tragédie grecque au temps des dieux et des héros.

Guy Gavriel Kay utilise les éléments historiques, le contexte social et géopolitique des époques qu’il revisite sans changer les aboutissants de l’Histoire. Ses livres sont très poétiques. La mosaïque de Sarance s’inspire de l’empire byzantin. Tigane (sans conteste mon préféré) a lieu dans une Italie renaissance. Les lions d’Al Rassan, se passe au sud de l’Espagne du XIème siècle où les cultures musulmanes, juives et chrétiennes se télescopent. La chanson d’Arbonne a lieu au moyen age en Occitanie et prend la forme d’une geste. Le dernier rayon du soleil se place dans la culture nordique. Moi qui n’avais pas trop accroché à la Tapisserie de Fionnavar (un mix des légendes arthuriennes et de l’univers de Tolkien) je suis devenue une grande fan de Kay pour ses œuvres que je classe dans le genre uchronique.


Il en existe d’autres. Mais là je sèche ! Vous me pardonnerez (hein dites ?!). Promis si ça me revient je ferai un deuxième post pour compléter ^^

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